S’Abandonner au Présent pour une Vie Authentique en Haute-Savoie

Je m’appelle Florent, et au fil des années passées à accompagner des personnes ici en Haute-Savoie, j’ai vu combien nous passons notre vie à fuir l’instant. Nous vivons entre le passé qui nous hante et le futur qui nous angoisse, et pendant ce temps, le présent – le seul endroit où la vie se déroule vraiment – nous échappe. S’abandonner au présent, pour moi, n’est pas une technique de relaxation parmi d’autres. C’est un acte radical de courage : choisir de ne plus résister, de ne plus contrôler, de se laisser porter par ce qui est, ici et maintenant.
Cette idée m’a longtemps échappé. J’ai passé des années à projeter mes désirs et mes peurs dans un demain idéal, ou à ruminer des regrets d’hier. Je courais après un « moi » meilleur, plus accompli, plus serein. Puis, petit à petit, à travers mes propres expériences, mes marches solitaires dans les montagnes, mes séances où je recevais les histoires des autres, j’ai compris : l’authenticité ne s’atteint pas en ajoutant, mais en enlevant. En s’abandonnant.
S’abandonner au présent, c’est d’abord reconnaître que nous vivons rarement ici. Nous projetons constamment : « Si j’avais plus d’argent… », « Quand je serai en vacances… », « Après cette séance… ». Nous nous accrochons au passé : « Si seulement j’avais fait autrement… », « Pourquoi ça m’est arrivé ? ». Ces projections et ces accrocs nous volent notre énergie. Elles créent une résistance intérieure qui nous fatigue, nous rend absents à ce qui est vraiment là.
S’abandonner à soi, c’est aller plus loin. C’est mourir à soi – à cet ego construit de masques, de rôles, d’histoires que nous nous racontons pour nous protéger. Mourir à l’image que nous avons de nous-mêmes, aux attentes que nous portons, aux besoins de reconnaissance. C’est un dépouillement : lorsqu’il ne reste plus rien de ces couches superficielles, ce qui émerge est notre essence, nue, vivante, authentique.
J’ai vécu ce dépouillement par moments intenses. Un jour, lors d’une période de grand questionnement, j’ai tout lâché : les projets ambitieux, les attentes sur moi-même, même l’idée de « devoir aider les autres pour valoir quelque chose ». J’ai simplement arrêté. Et dans cet arrêt, j’ai senti une paix immense, comme si la vie me portait enfin sans que j’aie à la pousser. Ce n’était pas de la passivité, mais une confiance profonde dans le flux. Depuis, je reviens à cet état chaque fois que je sens la résistance monter.
Comment pratiquer l’abandon au présent au quotidien ?
Je ne parle pas d’une méditation formelle ici (bien que la question « Qui suis-je ? » du précédent article soit un excellent complément). L’abandon se cultive dans les petits moments ordinaires.
Observer la résistance (5-10 min par jour)
Prends un instant plusieurs fois par jour : assis au bureau, en marchant, en buvant ton café. Demande-toi : « Suis-je ici, ou suis-je déjà ailleurs ? » Note où va ton esprit. Sans jugement, juste observation. Souvent, je réalise que je suis en train de planifier la prochaine heure au lieu de goûter celle-ci. Cette simple prise de conscience est déjà un abandon.
Respiration comme ancre
Quand tu sens l’agitation (peur du futur, regret du passé), reviens à la respiration. Inspire en sentant l’air entrer, expire en laissant aller. À chaque expiration, dis intérieurement : « Je lâche ce qui n’est pas maintenant. » C’est simple, mais puissant. Je le fais souvent en randonnée : le souffle synchronisé avec le pas, le paysage qui devient le présent absolu.
Le dépouillement conscient
Choisis un domaine de ta vie où tu portes un masque : au travail, en relation, même dans ton image de « développement personnel ». Pose-toi : « Qu’est-ce que je maintiens par peur ? » Puis, lâche une petite couche. Par exemple, dire « non » à une demande qui ne résonne pas, ou partager une vulnérabilité sans chercher à plaire. Chaque lâcher est un pas vers l’authenticité.
S’abandonner dans le corps
Le corps est un allié extraordinaire. Quand le mental résiste, je pose les mains sur ma poitrine ou mon ventre et je respire dedans. Je sens la tension, je l’accueille, puis je la laisse fondre. C’est une forme d’abandon physique qui prépare l’abandon émotionnel. (Ça se relie naturellement à mes massages intuitifs : le toucher aide à lâcher ce que le mental garde.)
Rituel du soir
Avant de dormir, revue douce : « Qu’est-ce que j’ai porté aujourd’hui qui n’était pas nécessaire ? » Lâche-le mentalement. Visualise-le s’envoler comme des feuilles dans le vent d’automne en Haute-Savoie. Ça libère pour le lendemain.
Les bienfaits que j’observe dans ma vie et chez ceux que j’accompagne
Paix intérieure accrue : Moins de rumination, moins d’anxiété anticipatoire.
Énergie libérée : Quand on cesse de résister, l’énergie coule naturellement.
Relations plus vraies : En étant présent, on écoute vraiment l’autre au lieu de projeter.
Créativité spontanée : Le présent est le lieu de l’inspiration vraie.
Connexion à la nature : Ici, face aux montagnes ou au lac, l’abandon est presque forcé – la nature nous montre comment être sans effort.
Une personne que j’ai accompagnée est venue pour un épuisement professionnel. Elle courait sans cesse après « le prochain objectif ». En travaillant sur l’abandon (via des questions du Jeu et des moments de présence), elle a osé ralentir. Elle m’a dit : « J’ai découvert que je pouvais exister sans performer. C’est terrifiant au début, puis libérateur. »
Obstacles courants et comment les traverser
« Si j’abandonne, tout va s’effondrer » → C’est la peur de l’ego. L’abandon n’est pas renoncement, c’est confiance dans la vie.
« Je n’y arrive pas, mon mental est trop fort » → Commence par des micro-abandons de 30 secondes. La pratique construit la confiance.
« Et si le présent est douloureux ? » → Accueille la douleur sans la fuir. Elle passe plus vite quand on ne la combat pas.
Intégrer l’abandon avec d’autres pratiques
Le Jeu de la Connaissance de Soi est un excellent complément : tire une carte, lis la question, et reste présent à ce qui émerge sans vouloir « bien répondre ». Les massages intuitifs aident aussi : le corps lâche physiquement ce que l’esprit retient.
Pour moi, s’abandonner au présent est devenu une façon d’être. Pas parfait, pas constant, mais de plus en plus naturel. C’est le chemin vers une vie authentique : pas en construisant un « moi idéal », mais en laissant tomber ce qui n’est pas vrai.
Et toi ? Dans quel moment de ta journée sens-tu le plus la résistance au présent ? Prends une seconde pour respirer dedans. C’est déjà un début.
Florent – Au Cœur de l’Être

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *