Esclave de ses désirs ou libre de ses envies ? Accueillir le vide plutôt que de le combler
Il y a une différence, souvent invisible sur le moment, entre suivre un désir et être conduit par lui. La première est un choix libre. La seconde ressemble davantage à une fuite — fuir un vide qu’on ne veut pas regarder en face. Ce texte est né de cette question, posée sans jugement, à moi-même comme à ceux que j’accompagne.
Esclave de ses désirs ou libre de ses envies ?
Et si tu ne suis pas ton désir, comment te sens-tu ?
Est-ce que ce désir vient combler un manque, un vide ?
Peux-tu accueillir ce vide, si désagréable qu’il soit, dans toute ta douceur, ton amour, ton cœur et ton corps ?
Une fois ce vide comblé de tout ton amour et pleinement unifié en toi, reste-t-il le désir initial ?
Retrouver sa souveraineté, sa force intérieure, son équilibre, la propre source de son bien-être.
Redevenir libre de nos envies, la simple joie de l’instant présent, et non plus le besoin de combler un vide — car cela, c’est notre responsabilité intérieure de prendre soin de soi.
La question qui change tout : et si je ne le suis pas ?
C’est une question simple à poser, et pourtant rarement posée : que se passe-t-il en moi si je ne cède pas à ce désir ? Pas pour se priver ou se contraindre, mais pour observer honnêtement ce qui apparaît. Souvent, ce qui remonte n’est pas de la frustration passagère, mais un inconfort plus ancien — un manque que le désir avait pour fonction de recouvrir, sans qu’on en ait toujours conscience.
Combler un vide n’est pas la même chose que l’accueillir
Nous avons tous des stratégies pour ne pas sentir le vide : une distraction, un achat, une validation extérieure, un objectif de plus. Ces stratégies fonctionnent, mais seulement en surface, et seulement un temps — le vide revient, et avec lui le désir suivant. Accueillir ce vide, à l’inverse, c’est cesser de le fuir. Non pas le combattre ni le nourrir, mais lui faire une place, avec douceur, dans le corps et dans le cœur. C’est souvent à ce moment précis que le désir compulsif perd de son urgence — non pas parce qu’on l’a réprimé, mais parce qu’il n’a plus rien à recouvrir.
Souveraineté intérieure : reprendre la main sans se durcir
Retrouver sa souveraineté ne veut pas dire devenir imperméable à ses envies, ni se couper de son désir. Cela veut dire ne plus être mené malgré soi. C’est la différence entre choisir de savourer un plaisir présent, librement, et se sentir poussé vers lui pour échapper à un inconfort. La première posture nourrit. La seconde épuise, même quand elle procure un plaisir réel sur l’instant.
Un chemin qui se travaille aussi par le corps
Accueillir un vide, une émotion inconfortable, ne se fait pas uniquement par la réflexion : c’est souvent une sensation avant d’être une idée. C’est pour cela que le massage intuitif que je propose à Viuz-en-Sallaz, en Haute-Savoie, s’attache à créer un espace où ces sensations peuvent être ressenties et traversées, sans être analysées ni combattues.
Pour explorer plus en profondeur ces mécanismes de désir, de manque et de souveraineté intérieure, mon manuel pratique Prendre soin de soi propose 12 piliers concrets pour cheminer à son rythme. Ce texte trouve également sa place dans le recueil Silence – Recueil de pensées et poésies, disponible dans ma boutique.
Une pratique simple pour commencer
La prochaine fois qu’une envie vous traverse avec une intensité inhabituelle, avant de la suivre ou de la refuser, prenez trente secondes pour vous demander : qu’est-ce que je ressentirais si je ne la suivais pas ? Ne cherchez pas à répondre avec la tête. Laissez la sensation venir. C’est déjà, à sa mesure, retrouver un peu de sa liberté intérieure.
Florent Chardonnet, praticien bien-être à Viuz-en-Sallaz (Haute-Savoie), propose des massages intuitifs en cabinet et à domicile dans toute la Vallée de l’Arve (Annemasse, Bonneville, Cluses, Marignier…), des interventions en entreprise, des ateliers de connaissance de soi, et est l’auteur du manuel Prendre soin de soi et du recueil Silence.
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