Et si prendre soin de soi était un acte écologique ?
Prendre soin de soi et du vivant, voir globalement et trouver sa place juste.
On oppose souvent deux figures : celle qui s’engage pour la planète, et celle qui prend du temps pour elle. Comme si soigner le monde et se soigner soi-même relevaient de deux logiques différentes, l’une tournée vers l’extérieur et le collectif, l’autre vers l’intérieur et l’individu — presque un luxe face à l’urgence. Cette opposition ne tient pas, à y regarder de près. Elle repose même sur la même erreur qui a produit une bonne partie de nos crises écologiques : croire qu’un système peut fonctionner indéfiniment sans jamais respecter ses limites.
Nos propres limites planétaires
Les scientifiques qui étudient les limites planétaires ont montré qu’un système vivant ne peut dépasser certains seuils sans basculer dans un état durablement dégradé. Ce constat, on le connaît à l’échelle de la planète. On le connaît moins bien appliqué à soi-même — et pourtant, un corps épuisé, un système nerveux saturé, une attention en permanence sollicitée obéissent à la même logique. Il existe des seuils. Les dépasser durablement ne produit pas plus de vie, mais moins.
Beaucoup des personnes que je reçois en séance ont épuisé ces limites sans même s’en rendre compte, portées par une culture qui valorise le dépassement de soi comme une vertu absolue. Le corps, lui, ne ment pas : les tensions chroniques, le sommeil dégradé, l’irritabilité sont des signaux — l’équivalent, à échelle humaine, de ce qu’un écosystème stressé nous envoie bien avant l’effondrement.
La solastalgie, ou le deuil qu’on ne se permet pas de vivre
Il existe un mot pour désigner la détresse ressentie face à la dégradation de son environnement, même sans le quitter : la solastalgie. On l’associe souvent aux territoires directement touchés par une catastrophe. Mais je crois qu’elle se vit aussi, plus diffusément, chez celles et ceux qui suivent l’actualité écologique, qui portent une inquiétude réelle pour l’avenir sans trouver d’espace pour la traverser.
Cette détresse-là a besoin d’être accueillie plutôt que niée ou noyée sous l’action permanente. On ne répare pas un lien abîmé avec le vivant en s’épuisant davantage — on le répare en retrouvant, d’abord, un lien apaisé avec soi-même. C’est un préalable, pas une échappatoire.
Voir globalement commence par ne plus se fragmenter soi-même
« Voir globalement » suppose de percevoir les interdépendances : entre les écosystèmes, entre les sociétés, entre les échelles de temps. Mais ce regard élargi est difficile à tenir quand on est soi-même fragmenté — coupé de son corps, de ses émotions, de son rythme naturel. On ne peut pas percevoir des interdépendances complexes à l’extérieur tant qu’on ignore les siennes propres.
C’est pour cela que le travail corporel, comme le massage intuitif que je propose à Viuz-en-Sallaz, en Haute-Savoie, n’est pas une parenthèse déconnectée des enjeux écologiques. C’est un chemin pour retrouver une attention fine à ce qui se passe en soi — la même qualité d’attention qui permet, ensuite, de mieux percevoir ce qui se joue autour de soi.
La décroissance, aussi, se pratique à l’intérieur
On parle de décroissance pour désigner une remise en question de la course à l’accumulation matérielle. Mais cette même logique de course habite aussi nos vies intérieures : accumuler les activités, les objectifs, les sollicitations, comme s’il fallait toujours plus pour se sentir exister. Ralentir n’est alors pas un renoncement, mais une manière de retrouver de la place — pour ressentir, pour penser, pour être vraiment présent à ce qu’on vit, plutôt que de le traverser en pilotage automatique.
Trouver sa juste place, dans ce sens-là, c’est aussi accepter de ne pas être infiniment disponible, productif ou performant. C’est reconnaître ses propres limites planétaires, en somme, et les respecter.
Un chemin qui se construit dans la durée
Ce lien entre soin de soi et soin du vivant, je l’explore plus en détail dans mon manuel pratique Prendre soin de soi, organisé autour de 12 piliers concrets. Pour les équipes et collectivités confrontées à ces mêmes questions d’épuisement collectif, je propose également des interventions de bien-être en entreprise pensées comme des espaces de régénération plutôt que de simples pauses.
Prendre soin de soi n’est donc pas un geste séparé de l’engagement écologique. C’est peut-être même sa condition la plus concrète : on ne prend durablement soin de ce qui nous entoure qu’en ayant appris, d’abord, à respecter ses propres limites.
Florent Chardonnet, praticien bien-être à Viuz-en-Sallaz (Haute-Savoie), propose des massages intuitifs en cabinet et à domicile dans toute la Vallée de l’Arve (Annemasse, Bonneville, Cluses, Marignier…), des interventions en entreprise et des ateliers de connaissance de soi. Prendre soin de soi et du vivant, voir globalement et trouver sa place juste.
Prendre rendez-vous · Bien-être en entreprise · Découvrir le manuel Prendre soin de soi


Laisser un commentaire