Prendre soin de soi

Prendre soin de soi — Apporter sa propre lumière dans ses propres ténèbres

« Prendre soin de soi » est une expression qu’on entend partout, souvent réduite à une liste de bonnes pratiques : dormir assez, bien manger, s’accorder des pauses. Ces pratiques ont leur valeur, mais elles ne disent rien de ce qui se passe quand la vie nous confronte à une vraie souffrance. Voici comment je définis, pour ma part, ce que prendre soin de soi veut dire dans ces moments-là.

Prendre soin de soi…

Qu’est-ce que c’est, pour toi, prendre soin de toi ? C’est pouvoir apporter notre propre lumière, dans nos propres ténèbres.

Comment procéder ?

Premièrement, c’est la lumière de la conscience, que nous sommes dans nos propres ténèbres. C’est-à-dire, avoir conscience que nous sommes dans un état où nous souffrons lorsque cela arrive.

Deuxièmement, c’est pouvoir vivre cette période désagréable dans notre corps, dans notre ressenti, et non pas dans notre tête. Pour plus de détails, il peut vite nous arriver de vivre ces souffrances dans notre tête. C’est-à-dire que nous réfléchissons à pourquoi nous souffrons. Ou bien nous réfléchissons à comment éviter cette souffrance. Ou bien nous pensons à cette personne « responsable » de notre souffrance. Ou nous faisons tourner en boucle plein d’idées qui ne font que tourner autour du pot et nous éviter de plonger dans notre corps et dans notre ressenti, car cela fait peur. Oser ressentir la souffrance du moment présent, oser ressentir la peur, oser ressentir la tristesse, etc. Vivre nos ténèbres dans notre corps et notre ressenti.

Troisièmement, c’est apporter notre propre lumière dans nos ténèbres. C’est-à-dire qu’oser traverser les ténèbres dans notre corps nous invite à être courageux, nous invite à développer de l’amour, de la douceur et de la bienveillance envers nous-mêmes. Cela nous invite aussi à développer des ressources que seules nos ténèbres pouvaient mettre en lumière. Cette étape nous invite à changer notre propre regard, à laisser nos vieux habits, à nous recycler, à changer nos idées, car il devient pressant de vivre mieux avec soi et d’être en paix avec le monde. Nous sommes les premiers à nous rendre malades de ceci ou de cela.

Une fois nos ténèbres et nos peurs traversées, elles ne sont plus les mêmes, nous ne vivons plus de la même manière. Nous avons certainement hérité de bon nombre de choses plus ou moins adaptées, comme des habitudes, des comportements, des idées, des schémas de pensée vis-à-vis de telles ou telles situations, mais nous avons la liberté et la responsabilité de ce que nous vivons aujourd’hui.

Pourquoi choisir la lumière ? Car ne pas la choisir, c’est choisir de rester dans nos ténèbres et d’être le premier à en souffrir. La souffrance peut également être perçue comme notre propre résistance à nous changer nous-mêmes, à changer de comportements, d’idées, etc. Mais la souffrance a cela de merveilleux qu’elle nous pousse à changer, nous invite à développer des ressources intérieures que seule elle pouvait faire naître. Elle est là pour nous mettre en lumière. La lumière de l’amour, de la bienveillance et de la douceur. Nous pouvons prendre conscience lorsque celle-ci habite nos pensées et notre corps, ou au contraire lorsqu’elle n’est pas présente et qu’elle nous invite, à travers la souffrance, à remettre de la lumière dans telle ou telle situation de notre vie.

Voilà, c’est cela pour moi, prendre soin de soi… Et dans cette ère où la souffrance devient de plus en plus manifeste, nous ne sommes pas seuls et pouvons facilement trouver de l’aide pour traverser nos propres ténèbres et prendre soin de soi.

Trois mouvements, pas trois étapes à cocher

Ce qui frappe dans cette manière de définir le soin de soi, c’est qu’elle ne propose ni recette ni raccourci. Prendre conscience, ressentir dans le corps, puis laisser émerger la lumière : ce sont trois mouvements qui se répètent, se chevauchent, reviennent — pas une checklist qu’on coche une fois pour toutes. Chaque nouvelle traversée réactive les trois, parfois en quelques minutes, parfois sur plusieurs mois.

Pourquoi la tête n’est pas le bon endroit pour souffrir

Ce texte pointe un piège très répandu : transformer une souffrance ressentie en problème à résoudre intellectuellement. Chercher des causes, des coupables, des solutions — tout cela peut sembler actif et constructif, alors que c’est souvent une manière élaborée d’éviter de sentir. Le corps, lui, ne négocie pas : une émotion non traversée continue d’exister, qu’on l’ait comprise ou non. C’est pour cela que le passage par le ressenti corporel n’est pas une option parmi d’autres, mais une étape difficilement contournable.

La souffrance comme signal, pas comme punition

Une des idées les plus fortes de ce texte est de considérer la souffrance non pas comme un accident à subir, mais comme une résistance au changement qui cherche à se dire. Ce regard change tout : la souffrance n’est plus l’ennemie à faire taire au plus vite, mais l’indicateur d’une lumière — amour, douceur, bienveillance — qui demande à être remise quelque part dans notre vie.

Un accompagnement pour ne pas traverser seul

Le texte le rappelle : nous n’avons pas à traverser nos ténèbres en solitaire. C’est précisément le sens de l’accompagnement que je propose, que ce soit à travers le massage intuitif à Viuz-en-Sallaz, en Haute-Savoie — un espace où le corps peut enfin vivre ce qu’il retenait — ou à travers le Jeu de la Connaissance de Soi, qui aide à mettre des mots sur ce qui se joue à l’intérieur.

Cette réflexion prolonge directement celle que je développe dans mon manuel pratique Prendre soin de soi, où ces trois mouvements — conscience, ressenti, lumière — sont déclinés en 12 piliers concrets pour les pratiquer au quotidien.

Une invitation

Si vous traversez actuellement une période difficile, ce texte n’a pas vocation à vous donner une méthode de plus à appliquer sous pression. Il invite simplement à se rappeler que la souffrance n’est pas une anomalie à faire taire, mais un passage — et que vous n’avez pas à le traverser seul.


Florent Chardonnet, praticien bien-être à Viuz-en-Sallaz (Haute-Savoie), propose des massages intuitifs en cabinet et à domicile dans toute la Vallée de l’Arve (Annemasse, Bonneville, Cluses, Marignier…), des interventions en entreprise, des ateliers de connaissance de soi, et est l’auteur du manuel Prendre soin de soi et du recueil Silence.

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Cet article aborde des thématiques de souffrance émotionnelle. S’il fait écho à une période difficile que vous traversez personnellement, sachez que des ressources d’écoute existent : n’hésitez pas à m’en parler, je peux vous orienter vers les bons interlocuteurs si besoin.

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